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“Ce livre dévoile les techniques des pros avec humour”

Voici le commentaire d’une lectrice publié sur le site d’Amazon:

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Contourner “incontournable”

Bigleu, une photo de Seb Joguet

Dans la série des “clichés”, ces mots ou ces expressions toutes faites qui surgissent automatiquement sous nos doigts, le mot “incontournable” est un champion. A l’origine, il signifie : que l’on ne saurait contourner. Au fil des années, incontournable est devenu synonyme d’inévitable. Ou selon la définition du Larousse : “Ce dont il est impossible de ne pas tenir compte, ce qu’il faut absolument avoir fait, vu, lu, eu, etc. : Ce livre est un incontournable de la littérature japonaise.” Et c’est ainsi que ce mot se répète à l’infini, à longueur de blogs, d’articles, de communiqués de presse.

3277 “incontournables” en un mois
J’ai lancé
une recherche dans Google Actualités avec le mot “incontournable”. Résultat : ce mot est apparu 3277 fois au cours des 30 derniers jours dans la presse francophone. Pour le quotidien toulousain La dépêche du Midi, “le marathon du Médoc est incontournable avec la traversée des châteaux aux crus légendaires”.  L’hebdomadaire l’Express dans un article littéraire évoque “la Paris Review, dirigée par l’incontournable George Plimpton”. “Le  Web est devenu un acteur incontournable pour dénicher de bonnes affaires”, écrit Le Monde tandis que L’Economiste loue la “sauce nuoc-mam, sauce incontournable de la cuisine vietnamienne”. C’est ce mot qui est mis à toutes les sauces.

Incontournable mais pas indispensable
C’est un avis personnel mais ce mot est imprécis, lourd, bouffi même. En tout cas, tout à fait contournable.  Pour arrêter la pandémie, remplaçons-le ! Selon le contexte, par : essentiel, inévitable, irremplaçable, nécessaire ou vital.  Ou par d’autres mots encore. Tout sauf incontournable ! Vos documents y gagneront en intérêt, en crédibilité, en originalité.

Vous pouvez vous reporter au chapitre 6 de La méthode facile pour écrire comme un pro. Ce chapitre intitulé « Comment trouver votre propre style ? » comprend des conseils de base pour chasser les clichés de vos textes.

J’ai trouvé sur Flickr la photo qui illustre cet article.  Elle est signée Seb Joguet.

Les cinq règles de George Orwell

georgeorwellBBC

L’écrivain britannique George Orwell a énoncé cinq règles pour une écriture efficace dans un bouquin publié en 1946 :  Politics and the English Language, qui à ma connaissance n’a pas été traduit en français.  Les conseils de l’auteur du livre de science-fiction 1984 s’appliquent toujours en 2009, à l’heure des blogs et des médias sociaux. Ecrire dans la langue de Shakespeare au crépuscule de l’Empire britannique ressemble à rédiger dans la langue française du XXIe siècle… pour être compris par ses lecteurs.  Thank you, George !

Je vous les livre ces règles d’écriture dans une traduction personnelle :

  1. N’utilisez jamais une métaphore, une comparaison ou toute autre figure de style que vous avez l’habitude de voir imprimée.
  2. N’écrivez jamais un mot long si un mot court fait l’affaire.
  3. S’il est possible de supprimer un  mot, supprimez-le.
  4. N’utilisez jamais la forme passive si vous pouvez utiliser la forme active.
  5. N’employez jamais un terme scientifique, un mot de jargon ou un vocable étranger si vous connaissez son équivalent dans la langue de tous les jours.

Et comme les trois mousquetaires étaient quatre,  George Orwell a ajouté une sixième règle :

6. Désobéissez  à ces règles avant d’écrire quoi que ce soit de barbare.

Pour en savoir plus : l’original des règles en anglais et l’article de Wikipedia sur George Orwell.

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